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Numéro 52, 30 avril 2009
Et
alii, et
al.
Dans les
références bibliographiques en français, peut-on utiliser l'expression
latine et alii ou son abréviation
et al.
pour indiquer qu'il y a plusieurs auteurs ?
On rencontre parfois cette expression latine, en
italique, abrégée ou non, qui signifie littéralement « et
(les) autres » et qui est utilisée après le nom d'un coauteur
pour indiquer qu'il y
a d'autres coauteurs sans avoir à les nommer tous. Par exemple :
ROY, Paul, et al. Traité de biologie,
Paris, Durand, 2009.
L'usage
de ce latinisme est relativement récent en français, alors qu'il existe
depuis longtemps en anglais, ceci expliquant cela : on peut y
voir
l'influence d'un usage anglais, analogue à ce que l'on observe pour les
expressions e. g.
et i. e.
(voir le Point
de langue qui leur est consacré). Tout comme pour celles-ci,
Antidote n'encourage pas l'usage de ce récent emprunt, et ce, pour
diverses raisons que voici.
- Les expressions et alii
ou et al.
demeurent obscures pour plusieurs lecteurs francophones.
- Elles sont pédantes par rapport aux nombreux
équivalents français
consacrés par l'usage :
et
coll.
et collab.
et collaborateurs
et autres
sous la direction de (le cas échéant)
- Contrairement à ces équivalents, l'expression et alii n'est
jamais employée en français oral.
- Comme ce sont des expressions latines, elles
doivent être composées en italique ; or, elles précèdent
habituellement des titres d'œuvres qui sont eux-mêmes en italique, ce qui ruine le
contraste typographique entre deux éléments (auteurs et titre) qu'il
est utile de distinguer nettement. Les équivalents français, qui se
composent naturellement en caractère romain, ne présentent pas ce
problème. Comparez :
ROY, Paul, et al. Traité de biologie,
Paris, Durand, 2009.
ROY, Paul, et coll. Traité
de biologie, Paris, Durand, 2009.
- Par
rapport à et alii,
l'utilité de son abréviation et al.
est bien relative, puisqu'elle ne fait gagner qu'un
seul signe.
- L'expression latine ou ses équivalents français
ne devraient être employés qu'en dernier recours, car il est souhaitable,
dans une bibliographie, de mentionner tous les coauteurs, à moins que leur liste
soit très longue.
S'il est vrai que l'expression latine est
désormais mentionnée dans quelques dictionnaires français, plusieurs
ouvrages de référence et guides typographiques déconseillent son emploi
et recommandent les équivalents français. Antidote fait aussi le choix
du français.
Bien sûr, si l'on rédige une bibliographie
normalisée pour un lectorat international, on peut décider de choisir
l'anglais et ses abréviations usuelles, mais ce n'est plus alors du
domaine d'Antidote.
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