Enquêtes linguistiques

Préfixes savants et trait d’union

Février 2009 Points de langue

Faut-il vraiment supprimer les traits d’union dans l’écriture des termes anatomiques, comme le suggère Antidote pour le mot costo-claviculaire ? De même pour les termes chimiques ?

L’adjectif costo-claviculaire est actuellement inconnu du dictionnaire d’Antidote (nous allons l’ajouter), qui recense par ailleurs plusieurs termes anatomiques du même type :

acromio-claviculaire
coraco-claviculaire
sterno-claviculaire

Ils sont formés avec un préfixe savant, habituellement d’origine grecque ou latine, se terminant fréquemment par les voyelles o ou i. Ces préfixes savants ne sont pas des mots français qui peuvent s’employer de façon autonome, contrairement, par exemple, au mot timbre dans le nom composé timbre-poste, ou encore à pied dans pied-de-biche. Par ailleurs, l’élément claviculaire peut exister de façon autonome en français comme adjectif (« relatif à la clavicule »). Lorsque des mots composés de ce type sont d’un emploi fréquent, surtout s’ils sont utilisés dans le langage courant, ils sont souvent écrits soudés, sans trait d’union :

agroalimentaire
cardiovasculaire
géostationnaire
immunodéficitaire

Cette tendance vers la soudure ne se fait pas au même rythme pour tous les mots et il arrive que deux variantes (avec et sans trait d’union) coexistent dans l’usage ou dans les dictionnaires.

Les mots qui résistent le plus à la soudure sont peut-être ceux dont le sens risque de s’opacifier le plus dans le processus. Par exemple, un lecteur profane pourrait hésiter devant le mot soudé coracoclaviculaire : où le préfixe finit-il et où le radical commence-t-il ? S’agit-il ici du préfixe co‑ (« avec ») ?

Cela dit, sur cette question, les rectifications orthographiques, proposées en 1990 par le Conseil supérieur de la langue française avec l’appui de l’Académie française, recommandent de remplacer le trait d’union par la soudure dans les mots formés de préfixes savants non autonomes, en particulier ceux en -⁠o. Exceptionnellement, cette soudure sera interdite si elle peut engendrer une mauvaise prononciation ; ainsi, on n’écrira pas vésicoutérin, mais vésico-utérin, ni extrautérin, mais extra-utérin.

Les graphies recommandées par ces rectifications orthographiques ne sont pas obligatoires, mais elles ne peuvent pas être considérées comme fautives. Dans Antidote RX, le réglage du correcteur lié aux rectifications vous offre trois options : imposer la graphie traditionnelle (coraco-claviculaire), imposer la graphie rectifiée (coracoclaviculaire) ou accepter les deux graphies, ce qui est le réglage conseillé.

Si vous utilisez un mot inconnu d’Antidote, comme costo-claviculaire, ces explications devraient vous éclairer dans le choix de la graphie à adopter.

Aucun résultat trouvé